Les effets de la révolution agricole.
Sur l’offre : La révolution agricole est à l’origine de la révolution
démographique. Celle-ci engendre une croissance de la main d'œuvre. Or
un surplus de main d’œuvre peut dans certains cas être à l’origine d’une
augmentation de l’offre.
Sur la demande : Selon Bairoch la révolution agricole a entraîné
l’essor de la sidérurgie (du fait d’une demande accru d’outil). L’essor
de la sidérurgie a entraîné celui du textile. La sidérurgie étant devenu
capable de fournir à ce nouveau secteur les machine nécessaire à son
développement. Il y donc là une forte augmentation de la demande du fait
de l’essor de deux secteurs porteurs : textile et sidérurgie.
La révolution agricole fut-elle exportable ?
Non : - elle fut impossible dans les colonies (du fait de la
structure social et géographique de ces pays)
Pour Rioux la révolution agricole c’est le passage « d’une
agriculture de subsistance à celle de marché ».
Conclusion :
La révolution agricole est nécessaire mais pas suffisante pour
expliquer la révolution industrielle.
Capitaux prix et marchés.
Les capitaux
Pour Rostow et d’autres l’accumulation primitive de capitaux est une
condition nécessaire à la révolution industrielle.
Comment a pu se faire l’accumulation de capitaux ?
Marx : « c’est l’expropriation de capital immédiat (travail), la
dissolution de la propriété fondée sur le travail personnel de son
possesseur qui gît au fond de l’accumulation primitive » Rioux p.41.
Autres explications : les colonies ont permis l’accumulation du
capital. Explication que fait Hamilton à propos des capitaux espagnols (qui
se sont formé du fait de l’importation de matériaux précieux dès le XVIe
siècle).
Cependant il ne suffit pas qu’il y ait une accumulation du capital.
Encore faut-il que ce capital soit réinvestit. C’est pour quoi il faut
être attentif à la structure des investissements dès le XVIIIe siècle
dans les différents pays pour comprendre les raisons du take-off.
En France par exemple : En France l’aristocratie se détourne des
investissements productif et ne placent sa fortune que dans la terre.
Ceci explique en partie le retard qu’accumule la France face à la
Grande-bretagne dès 1780. C’est pourquoi, certains historiens sont
parfois tenté de nié l’effet de l’accumulation du capital puisque son
accumulation n’a pas produit d’investissements.
Les prix.
- Longs mouvements ascendants des prix entre 1700 et 1800 (les prix
double parfois).
- Ainsi se produit une hausse des profits. Surtout que les salaires
reste bas.
- Pourtant ces profit n’explique pas la révolution industrielle car
c’est en Angleterre où la différences entre prix et salaire et la plus
petit que la révolution industrielle est la plus forte.
Thèse de Rioux : Le take-off est indifférent au mouvement des
prix.
Le rôle du marché.
Pour Rioux « c’est la pression du marché qui suscite l’innovation et
lance cette industrie de pointe à l’origine de la révolution
industrielle ».
« Au marché ancien, où les produits de luxe étaient absorbés
par une minorité, se substitue le marché moderne de masse,
géographiquement et socialement étendu »
Raisons :
- abolition des douanes sur le marché intérieur (surtout en
Grande-Bretagne dès le début du XVIIe siècle).
- Gonflement de la population et donc de la demande.
- Meilleure répartition de la richesse.
- Croissance du revenu par tête.
- Concentration de la demande en un lieu du fait de
l’urbanisation.
En France, l’autorité royale freine le dynamisme du marché
puisqu’elle maintient le morcellement du territoire. Ainsi se produit en
France le contraire de toute ce qui est énuméré au dessus (raisons).
Ceci est un argument à l’absence de take-off en France.
Mentalités et politiques.
Changement de mentalité à l’égard de l’argent.
Vague de fond de la mutation culturelle commence à l’aube du XVIIIe
siècle.
Causes :
- baisse du nombre d’illettrés (moins de 60% en
Grande-Bretagne dès le début du XVIIIe siècle, dès 1780 pour
la France).
- Effet de « l’Ethique protestante » (Max Weber).
- Meilleure circulation et utilisation du capital.
- Invention de la montre (tout devient mesurable).
« Time is money ».
- Nouvelles doctrines économiques « de la circulation et de
l’abondance » (Hume, Physiocrates, Smith…).
- L’égoïsme devient le moteur de tout action sur le marché
(individualisme, soif de profit…).
Contexte politique.
Apparition de nouvelles idéologies politiques :
- nationalisme (aspiration à l’unité nationale est
profitable au marché intérieur et à son dynamisme, ex
Zollverein).
- Impérialisme colonial accompagne à merveille l’expansion
économique (ex : Italie)
- Aspiration à la liberté pour de jeunes nations (ex :
Australie, Canada, USA).
Apparition d’hommes d’Etats capables de dynamiser une économie :
- Friedrich von Motz en Prusse, impose l’idée du Zollverein
entre 1825 et 1830
- Serge Witte, ministre des Finances du Tsar ose recourir
aux techniques et aux capitaux étrangers.
Cadre juridique favorable :
- Habeas Corpus, proclame la liberté juridique de l’individu. Ceci
rend possible « l’aventure capitaliste » : égalité devant la loi
justifie l’inégalité de fortune.
- Code Civil libère l’individu et sa propriété.
- Loi le Chapelier de 1791, interdit toute réaction ouvrière
collective.
Pour Marx cela « brise les chaînes » qui empêchaient le nouvel essor
des « forces productives ».
Ambiguïté de l’effet des évènements politiques sur l’activité
économique.
En France la révolution France empêche un « décollage à l’anglaise »
de 1989 à 1799. (Argument supplémentaire au retard de la France sur la
Grande-Bretagne et à l’absence de take-off).
- pays perd ses ressources de son commerce outre-mer.
- Ses ports périclitent.
- Il faut attendre 1800-1810 pour un retour de la
croissance.
- De même en Espagne. Le pays a accumulé des capitaux
durant de longues années. Mais les désastres militaires
« jette le pays dans la stagnation ».
- Trafalgar dissocie l’économie espagnole de son empire
colonial.
- Occupation française divise les pays entre « collaborateurs »
et « résistants »
- Guerre d’indépendance et retour des traditionalistes (Angleterre
exporte alors massivement ses produits en Espagne).
- Ce chapitre se termine une étude comparative des
démarrages de la France et la Grande-Bretagne. Ces trois pages
(p. 57, 58, 59 dans Points Seuil, 1971) sont très importante
si vous avez des sujets sur le take-off.
Chapitre deuxième : Techniques et circulation nouvelles.